Créer une bande dessinée : guide pour écrire, dessiner et publier sa BD

7 min de lecture
Une personne est en train de lire une bande dessinée de type comic book, avec des dessins dynamiques et des bulles de dialogue visibles.

Créer une bande dessinée consiste à transformer une idée en récit visuel structuré. Contrairement à une idée répandue, le dessin n’est qu’une partie du processus : la création d’une BD combine écriture, mise en scène, narration visuelle et fabrication graphique.

Dans la pratique, les auteurs suivent généralement un processus créatif relativement similaire :

Idée → Scénario → Storyboard → Crayonné → Encrage → Couleur → Lettrage → Publication.

Comprendre ces étapes permet non seulement de commencer une BD, mais surtout de la terminer et de la rendre claire pour le lecteur.

La bande dessinée repose sur un langage narratif particulier basé sur l’enchaînement d’images. Ce principe est souvent appelé narration séquentielle, un concept étudié notamment par des théoriciens de la bande dessinée comme Scott McCloud et Will Eisner.

Que vous souhaitiez publier chez un éditeur ou créer votre propre livre en auto-édition, ce guide présente toutes les étapes essentielles pour créer une bande dessinée, de l’idée initiale jusqu’à l’impression du livre.

Les 7 étapes pour créer une bande dessinée

Même si chaque auteur développe sa propre méthode de travail, la création d’une bande dessinée suit généralement ces étapes :

  1. Trouver une idée et définir le concept de l’histoire ;
  2. Écrire un synopsis et un scénario ;
  3. Réaliser un storyboard pour organiser les pages ;
  4. Dessiner les planches au crayonné ;
  5. Encrer les dessins pour obtenir le trait final ;
  6. Ajouter la couleur ou les niveaux de gris ;
  7. iIntégrer le lettrage et préparer la publication.

Ce processus permet de transformer progressivement une idée en bande dessinée complète prête à être publiée ou imprimée.

Comprendre le langage narratif de la bande dessinée

La bande dessinée raconte une histoire à travers une succession d’images organisées.

Chaque image est appelée case et représente un moment de l’action. Les cases sont regroupées sur une planche, et plusieurs planches constituent une séquence narrative.

Un principe fondamental de la BD est l’ellipse narrative : le lecteur imagine ce qui se passe entre deux cases.

Plusieurs éléments structurent la lecture :

  • La case : un instant précis de l’histoire ;
  • La planche : l’organisation de la page ;
  • La séquence : un ensemble de cases racontant une action ;
  • Le rythme : la vitesse de lecture créée par la taille et l’enchaînement des cases.

Une bande dessinée efficace repose souvent davantage sur le découpage et la mise en scène que sur la complexité du dessin.

Étape 1 : trouver l’idée de votre bande dessinée

Toute bande dessinée commence par une idée narrative forte.

Dans l’édition, cette idée est souvent formulée sous la forme d’un pitch, c’est-à-dire une phrase ou deux qui résument le concept de l’histoire.

Exemples :

  • Un facteur découvre qu’il distribue du courrier venant du futur ;
  • Une ville entière perd la mémoire chaque matin ;
  • Un enfant découvre que son chat parle la nuit.

Un bon pitch répond généralement à trois questions :

  • Qui est le personnage principal ?
  • Quel est le conflit ?
  • L’histoire est-elle originale ?

Étape 2 : écrire le scénario

Une fois l’idée définie, il faut structurer l’histoire.

Le scénario décrit les actions, les dialogues et la progression du récit avant leur mise en image.

La première version est souvent un synopsis, c’est-à-dire un résumé détaillé de l’histoire.

Ce document permet de :

  • Vérifier la cohérence du récit ;
  • Définir le début, le développement et la fin ;
  • Présenter le projet à un éditeur ou à un collaborateur.

Étape 3 : réaliser le storyboard

Le storyboard est une version simplifiée des pages de la BD.

L’auteur dessine rapidement les planches pour organiser :

  • Le nombre de cases ;
  • Les cadrages ;
  • La position des personnages ;
  • L’emplacement des bulles.

Cette étape permet de tester le rythme de lecture avant de dessiner les planches finales.

Étape 4 : dessiner les planches

Une fois le storyboard validé, l’auteur commence le dessin détaillé des pages.

La première étape est généralement le crayonné, qui sert à construire :

  • Les personnages ;
  • Les décors ;
  • La perspective ;
  • La composition des cases.

Étape 5 : l’encrage

L’encrage consiste à repasser le crayonné avec un trait définitif.

Traditionnellement, les auteurs utilisent :

  • Plume ;
  • Pinceau ;
  • Encre de Chine.

L’encrage permet :

  • D’améliorer la lisibilité ;
  • De renforcer les contrastes ;
  • D’affirmer le style graphique.

Étape 6 : la couleur

Une fois l’encrage terminé, la planche peut être colorisée.

La couleur peut être réalisée :

  • A l’aquarelle ;
  • A l’encre ;
  • Avec des logiciels de dessin.

Certaines bandes dessinées choisissent le noir et blanc, ce qui met en valeur le trait et les contrastes.

Étape 7 : le lettrage et les bulles

Le lettrage consiste à intégrer les dialogues et les textes dans les bulles.

Quelques règles importantes :

  • Placer les bulles dans le sens de lecture ;
  • Éviter les textes trop longs ;
  • Garder un bon équilibre entre texte et image.

Exemple concret de création d’une mini BD

Pour comprendre le processus, imaginons une courte bande dessinée.

L’idée

Un facteur découvre qu’il distribue des lettres venant du futur.

Le scénario

Chaque matin, une lettre datée du lendemain apparaît dans sa sacoche.
Au début il pense à une erreur, mais certaines lettres annoncent des événements qui se produisent réellement.

Un jour, il découvre une lettre annonçant un accident imminent.

Découpage de la première page

  • Case 1 : plan large d’une ville au petit matin ;
  • Case 2 : le facteur trie le courrier ;
  • Case 3 : il remarque une enveloppe étrange ;
  • Case 4 : gros plan sur la date inscrite : “demain” ;
  • Case 5 : expression surprise du facteur.

Les outils utilisés pour créer une bande dessinée

Les auteurs utilisent aujourd’hui des techniques traditionnelles ou numériques.

Matériel traditionnel

Certains dessinateurs travaillent sur papier avec :

  • Crayons ;
  • Plumes et encre ;
  • Pinceaux ;
  • Papier bristol ;
  • Aquarelle.

Cette méthode reste très utilisée dans la tradition de la BD franco-belge.

Tablettes graphiques

De nombreux auteurs utilisent une tablette graphique pour dessiner sur ordinateur.

Les fabricants les plus connus sont :

Ces tablettes permettent de dessiner directement sur écran avec une grande précision.

Logiciels spécialisés pour créer une BD

Clip Studio Paint

https://www.clipstudio.net

L’un des logiciels les plus populaires pour la création de mangas et de bandes dessinées.
Il propose notamment :

  • Outils de création de cases ;
  • Trames ;
  • Règles de perspective ;
  • Outils de lettrage.

Adobe Photoshop

https://www.adobe.com/products/photoshop.html

Très utilisé pour :

  • La mise en couleur ;
  • La retouche d’image ;
  • La préparation des fichiers d’impression.

Procreate

https://procreate.com

Un logiciel très populaire sur iPad, apprécié pour :

  • Sa fluidité ;
  • Ses nombreux pinceaux ;
  • Sa simplicité d’utilisation.

Combien de pages fait une bande dessinée ?

Le format dépend du type de BD.

Dans l’édition traditionnelle :

  • Album franco-belge : 46 à 64 pages ;
  • Comics américains : 20 à 24 pages ;
  • Manga : 150 à 200 pages.

Publier sa bande dessinée

Une fois la BD terminée, deux options existent.

Publier chez un éditeur

L’éditeur s’occupe de :

  • L’impression ;
  • La distribution ;
  • La promotion.

Mais la sélection est très compétitive.

Publier sa BD en auto-édition

De nombreux auteurs choisissent aujourd’hui l’auto-édition.

Cette solution permet :

  • De garder le contrôle créatif ;
  • De publier plus rapidement ;
  • De gérer sa diffusion.

Elle implique cependant de s’occuper de l’impression du livre.

Comment imprimer sa bande dessinée en auto-édition ?

Pour transformer une BD en livre, plusieurs choix techniques sont nécessaires :

  • Format du livre ;
  • Type de papier ;
  • Reliure ;
  • Tirage.

Impression offset

Technique traditionnelle offrant une excellente qualité, rentable pour les tirages importants.

Impression numérique

Permet :

  • Des tirages courts ;
  • Des délais rapides ;
  • Une grande flexibilité.

Elle est souvent utilisée par les auteurs auto-édités pour produire un premier tirage ou un prototype.

Certaines imprimeries proposent aujourd’hui des services adaptés aux créateurs indépendants.

C’est par exemple le cas de Imprimerie à Réaction, la plateforme d’impression en ligne de Korus Imprimerie, située à Eysines en Gironde.

Ce type de service permet notamment :

  • D’imprimer des livres en petites ou moyennes séries ;
  • De produire des prototypes ou premiers tirages ;
  • De choisir entre impression offset ou numérique selon le projet.

Pour un auteur indépendant, ces solutions permettent souvent de tester un projet avant une diffusion plus large.

Les erreurs fréquentes des auteurs débutants

Commencer par un projet trop ambitieux

Il est conseillé de débuter par une BD courte.

Trop de texte dans les bulles

Dans une BD, l’image doit transmettre une grande partie de l’information.

Négliger la lisibilité

Une planche trop chargée peut devenir difficile à comprendre.

Conseils pour terminer sa première BD

Pour mener un projet jusqu’au bout :

  • Commencer par une histoire courte ;
  • Travailler régulièrement ;
  • Demander des retours à d’autres lecteurs ;
  • Analyser les BD que vous aimez.

Terminer un projet est souvent le meilleur moyen de progresser rapidement.

Ressources utiles pour créer une bande dessinée

Pour approfondir le sujet :

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