Auteur :
Pierre-Clément Cazon
Directeur de la publication.
Créer une bande dessinée consiste à transformer une idée en récit visuel structuré. Contrairement à une idée répandue, le dessin n’est qu’une partie du processus : la création d’une BD combine écriture, mise en scène, narration visuelle et fabrication graphique.
Dans la pratique, les auteurs suivent généralement un processus créatif relativement similaire :
Idée → Scénario → Storyboard → Crayonné → Encrage → Couleur → Lettrage → Publication.
Comprendre ces étapes permet non seulement de commencer une BD, mais surtout de la terminer et de la rendre claire pour le lecteur.
La bande dessinée repose sur un langage narratif particulier basé sur l’enchaînement d’images. Ce principe est souvent appelé narration séquentielle, un concept étudié notamment par des théoriciens de la bande dessinée comme Scott McCloud et Will Eisner.
Que vous souhaitiez publier chez un éditeur ou créer votre propre livre en auto-édition, ce guide présente toutes les étapes essentielles pour créer une bande dessinée, de l’idée initiale jusqu’à l’impression du livre.
Même si chaque auteur développe sa propre méthode de travail, la création d’une bande dessinée suit généralement ces étapes :
Ce processus permet de transformer progressivement une idée en bande dessinée complète prête à être publiée ou imprimée.
La bande dessinée raconte une histoire à travers une succession d’images organisées.
Chaque image est appelée case et représente un moment de l’action. Les cases sont regroupées sur une planche, et plusieurs planches constituent une séquence narrative.
Un principe fondamental de la BD est l’ellipse narrative : le lecteur imagine ce qui se passe entre deux cases.
Plusieurs éléments structurent la lecture :
Une bande dessinée efficace repose souvent davantage sur le découpage et la mise en scène que sur la complexité du dessin.
Toute bande dessinée commence par une idée narrative forte.
Dans l’édition, cette idée est souvent formulée sous la forme d’un pitch, c’est-à-dire une phrase ou deux qui résument le concept de l’histoire.
Exemples :
Un bon pitch répond généralement à trois questions :
Une fois l’idée définie, il faut structurer l’histoire.
Le scénario décrit les actions, les dialogues et la progression du récit avant leur mise en image.
La première version est souvent un synopsis, c’est-à-dire un résumé détaillé de l’histoire.
Ce document permet de :
Le storyboard est une version simplifiée des pages de la BD.
L’auteur dessine rapidement les planches pour organiser :
Cette étape permet de tester le rythme de lecture avant de dessiner les planches finales.
Une fois le storyboard validé, l’auteur commence le dessin détaillé des pages.
La première étape est généralement le crayonné, qui sert à construire :
L’encrage consiste à repasser le crayonné avec un trait définitif.
Traditionnellement, les auteurs utilisent :
L’encrage permet :
Une fois l’encrage terminé, la planche peut être colorisée.
La couleur peut être réalisée :
Certaines bandes dessinées choisissent le noir et blanc, ce qui met en valeur le trait et les contrastes.
Le lettrage consiste à intégrer les dialogues et les textes dans les bulles.
Quelques règles importantes :
Pour comprendre le processus, imaginons une courte bande dessinée.
Un facteur découvre qu’il distribue des lettres venant du futur.
Chaque matin, une lettre datée du lendemain apparaît dans sa sacoche.
Au début il pense à une erreur, mais certaines lettres annoncent des événements qui se produisent réellement.
Un jour, il découvre une lettre annonçant un accident imminent.
Les auteurs utilisent aujourd’hui des techniques traditionnelles ou numériques.
Certains dessinateurs travaillent sur papier avec :
Cette méthode reste très utilisée dans la tradition de la BD franco-belge.
De nombreux auteurs utilisent une tablette graphique pour dessiner sur ordinateur.
Les fabricants les plus connus sont :
Ces tablettes permettent de dessiner directement sur écran avec une grande précision.
L’un des logiciels les plus populaires pour la création de mangas et de bandes dessinées.
Il propose notamment :
https://www.adobe.com/products/photoshop.html
Très utilisé pour :
Un logiciel très populaire sur iPad, apprécié pour :
Le format dépend du type de BD.
Dans l’édition traditionnelle :
Une fois la BD terminée, deux options existent.
L’éditeur s’occupe de :
Mais la sélection est très compétitive.
De nombreux auteurs choisissent aujourd’hui l’auto-édition.
Cette solution permet :
Elle implique cependant de s’occuper de l’impression du livre.
Pour transformer une BD en livre, plusieurs choix techniques sont nécessaires :
Technique traditionnelle offrant une excellente qualité, rentable pour les tirages importants.
Permet :
Elle est souvent utilisée par les auteurs auto-édités pour produire un premier tirage ou un prototype.
Certaines imprimeries proposent aujourd’hui des services adaptés aux créateurs indépendants.
C’est par exemple le cas de Imprimerie à Réaction, la plateforme d’impression en ligne de Korus Imprimerie, située à Eysines en Gironde.
Ce type de service permet notamment :
Pour un auteur indépendant, ces solutions permettent souvent de tester un projet avant une diffusion plus large.
Il est conseillé de débuter par une BD courte.
Dans une BD, l’image doit transmettre une grande partie de l’information.
Une planche trop chargée peut devenir difficile à comprendre.
Pour mener un projet jusqu’au bout :
Terminer un projet est souvent le meilleur moyen de progresser rapidement.
Pour approfondir le sujet :