Auteur :
Pierre-Clément Cazon
Directeur de la publication.
Delcourt a confirmé le 23 juin 2026 la venue de Daisuke Igarashi en France à l’occasion de la parution de Kamakura Bakeneko Club, dont le premier tome est annoncé pour le 2 juillet dans la collection Moonlight de Delcourt/Tonkam. Le mangaka participera à une rencontre à la Maison de la culture du Japon à Paris, à une séance de signatures en librairie, puis à plusieurs rendez-vous à Japan Expo, organisé du 9 au 12 juillet 2026 à Paris-Nord Villepinte.
La parution française s’inscrit dans un travail de fond mené par Delcourt/Tonkam autour du catalogue d’Igarashi, déjà remis en circulation avec Les Enfants de la mer, Petite Forêt et Sorcières. En concentrant sortie en librairie, masterclass, live-drawing et salon sur quelques jours, l’éditeur installe Kamakura Bakeneko Club comme un lancement d’auteur à part entière, et non comme une nouveauté manga noyée dans le flux de juillet.
Selon Delcourt, Daisuke Igarashi est attendu le mercredi 8 juillet à 18h à la Maison de la culture du Japon à Paris pour une masterclass, le jeudi 9 juillet à 17h30 à la librairie Le Renard Doré, puis le vendredi 10 juillet à 10h45 et le samedi 11 juillet à 10h en séance de signatures à Japan Expo. Une autre masterclass est aussi annoncée le samedi 11 juillet à 14h sur le salon.
La Maison de la culture du Japon présente de son côté la rencontre du 8 juillet sous le titre « Rêveries en mangas ». Elle sera animée par Pauline Croquet, journaliste au Monde, et suivie d’une séance de live-drawing. L’événement est coorganisé avec les Éditions Delcourt, ce qui confirme le lien direct entre la venue de l’auteur et la publication française de sa nouvelle série.
Le calendrier est resserré : le tome 1 de Kamakura Bakeneko Club doit paraître le 2 juillet, une semaine avant l’ouverture de Japan Expo. Cette proximité permet à Delcourt/Tonkam de transformer la sortie en moment de rencontre, avec un auteur dont la notoriété repose davantage sur la singularité de l’œuvre que sur une logique de licence massive.
La fiche officielle de Delcourt présente Kamakura Bakeneko Club comme un josei situé dans la vieille ville de Kamakura. Maya et Gakuto, deux gérants énigmatiques, accueillent dans une boutique ceux qui cherchent leur chat disparu. Les visiteurs viennent avec une attente concrète, mais ce sont leurs récits, une fois racontés, qui font surgir une étrangeté plus profonde.
Le motif du bakeneko, chat surnaturel du folklore japonais, donne à la série une porte d’entrée immédiatement lisible. Chez Igarashi, l’intérêt n’est pourtant jamais seulement folklorique. Ses récits avancent souvent par glissement : une sensation du quotidien, un paysage, un animal ou un souvenir ouvrent vers une perception plus vaste du monde. Kamakura Bakeneko Club semble prolonger cette méthode à travers un dispositif d’histoires liées par un même lieu et par la figure du chat.
Delcourt indique que la série est publiée au Japon depuis 2022 dans le magazine Be Love chez Kōdansha. L’inscription en collection Moonlight n’est pas anodine : cette ligne éditoriale accueille des titres où la sensibilité graphique, l’intime et le fantastique discret pèsent autant que l’efficacité narrative. Pour un lectorat français qui connaît Igarashi par ses récits de nature, de mémoire et de métamorphose, le nouveau titre promet moins un changement de territoire qu’un déplacement d’échelle.
Daisuke Igarashi occupe une place particulière dans le manga disponible en France. Les Enfants de la mer a installé son nom auprès d’un public sensible aux récits contemplatifs, écologiques et cosmiques ; Petite Forêt a montré une veine plus rurale, attentive aux gestes, aux saisons et à la nourriture ; Sorcières a rappelé sa capacité à faire entrer le merveilleux dans des récits courts et parfois déroutants.
La Maison de la culture du Japon insiste sur cette singularité : un trait au service de rêveries, une admiration pour la nature, une vision fantasmagorique du monde et une influence des contes et légendes. Ce vocabulaire correspond bien à ce que la venue française peut rendre visible : Igarashi n’est pas seulement un nom de catalogue, mais un auteur dont le travail se prête à l’explication, au dessin en direct et à la discussion sur la fabrication des images.
Delcourt/Tonkam avance ici sur un terrain moins dépendant des séries longues, des adaptations animées et des phénomènes immédiatement identifiables. La mise en avant d’Igarashi repose sur l’atmosphère de ses livres, son prestige critique et la fidélité d’un lectorat curieux de formes contemplatives. Dans ce cadre, Kamakura Bakeneko Club gagne à être lu comme la nouvelle pièce d’un parcours cohérent plutôt que comme une nouveauté manga isolée.
Le socle factuel repose sur quatre points datés : Delcourt annonce la venue de l’auteur le 23 juin, la fiche série fixe la parution française au 2 juillet 2026, la Maison de la culture du Japon programme la rencontre du 8 juillet et Japan Expo ouvre du 9 au 12 juillet 2026. Les horaires de signatures et de masterclass publiés par Delcourt donnent, à ce stade, le calendrier le plus précis des rendez-vous avec Igarashi.
En revanche, les modalités pratiques des signatures à Japan Expo peuvent dépendre des règles du salon, de la billetterie et des procédures de tirage ou de file d’attente. Delcourt renvoie à des événements précis, mais les lecteurs intéressés auront intérêt à vérifier les informations de dernière minute auprès de l’éditeur, de la librairie ou de Japan Expo avant de se déplacer.
Le test se jouera en librairie après Japan Expo : Kamakura Bakeneko Club ne s’appuie ni sur une adaptation animée récente ni sur un effet de franchise massif, mais sur la confiance attachée au nom d’Igarashi. Son argument tient en peu de mots, chats perdus, boutique mystérieuse, histoires confiées à voix haute, et correspond précisément à ce que l’auteur sait transformer en trouble durable : un quotidien familier qui laisse affleurer une inquiétude plus ancienne.
Crédit image : visuel presse officiel Delcourt pour Kamakura Bakeneko Club, ©Daisuke Igarashi/Kodansha Ltd.