Auteur :
Pierre-Clément Cazon
Directeur de la publication.
In Waves revient en librairie et arrive au cinéma dans le même mouvement. Le long-métrage animé de Phuong Mai Nguyen est sorti en salles françaises le 1er juillet 2026, distribué par Diaphana, après une ouverture à la Semaine de la Critique 2026 et une sélection en compétition au Festival international du film d’animation d’Annecy. Le film adapte le roman graphique d’AJ Dungo, récit autobiographique où une histoire d’amour, la maladie de Kristen et l’histoire du surf avancent ensemble.
Pour la bande dessinée, cette actualité ne se limite pas à un passage de la page à l’écran. Casterman accompagne la sortie avec une nouvelle édition augmentée de 392 pages, annoncée dans sa collection Romans graphiques, avec un cahier graphique consacré au film. L’album n’est donc pas remis en rayon comme un simple produit dérivé : l’édition replace l’adaptation dans le prolongement matériel du livre, avec images du film, documents de fabrication et retour vers l’œuvre source.
Publié en français par Casterman, In Waves avait déjà trouvé sa place dans le paysage du roman graphique avant l’annonce du long-métrage. Silex Films rappelle que la bande dessinée a reçu le Prix BD Fnac-France Inter 2020 et figurait dans la sélection officielle du Festival d’Angoulême 2020. Cette reconnaissance antérieure change la lecture de la sortie cinéma : le film n’installe pas un titre inconnu, il ravive un livre qui avait déjà circulé comme œuvre d’auteur.
La construction du roman graphique explique cette persistance. AJ Dungo y raconte sa relation avec Kristen sans isoler le deuil du reste du récit. Les séquences intimes dialoguent avec l’histoire du surf, notamment parce que l’océan n’est pas seulement un décor sentimental : il organise la mémoire, le rapport au corps et la manière dont l’auteur donne une forme à la disparition. L’adaptation animée doit donc traduire une double matière, intime et documentaire, sans réduire l’album à une romance dramatique.
Le film reprend cette base en la déplaçant vers une production franco-belge. La fiche d’Annecy indique une durée de 1 h 31, une production portée par Silex Films, des coproductions avec France 3 Cinéma, Gao Shan Pictures, Charades Productions, Panique! et Anonymous Content, ainsi qu’un casting vocal français réunissant Lyna Khoudri, Rio Vega, Paul Kircher et Birane Ba. La version anglaise associe Will Sharpe et Stephanie Hsu. Cette configuration donne au livre américain une seconde vie très européenne, via l’animation française et le circuit des festivals.
La nouvelle édition augmentée de Casterman arrive au bon moment pour les lecteurs qui découvrent In Waves par le film. La fiche éditeur signale 392 pages, un format broché en couleur et un cahier graphique de 16 pages. La Fnac précise de son côté une parution le 22 mai 2026 et un prix de 26 euros. Ces éléments positionnent l’ouvrage comme une édition de reprise accessible, moins luxueuse que l’édition reliée de 2024 et plus directement raccordée à l’actualité du cinéma.
Le choix du cahier graphique est le détail éditorial le plus parlant. Une réédition opportuniste aurait pu se contenter d’une jaquette liée au film. Ici, l’ajout documente le passage d’un médium à l’autre : images du long-métrage, éléments de storyboard, illustrations et entretien autour de l’adaptation ont été signalés dans les présentations publiques de l’album. Pour un lecteur, cette matière aide à comparer les deux écritures sans remplacer la lecture du roman graphique.
Cette articulation évite aussi une confusion fréquente dans les adaptations de BD. Le film peut attirer un public qui ne lit pas spontanément de roman graphique, mais le livre garde son autonomie : son rythme, ses pages silencieuses, son alternance entre souvenir personnel et histoire du surf ne se résument pas à la narration cinématographique. La réédition donne accès à ce socle au moment où l’image animée accroît la visibilité du titre.
In Waves illustre une voie encore relativement rare sur le marché français : un roman graphique étranger, identifié comme œuvre littéraire et non comme licence de genre, revient dans l’actualité par une adaptation animée produite en France. Le parcours diffère des franchises comics ou mangas dont les adaptations servent souvent à entretenir une série longue. Ici, le livre reste un one-shot, et l’enjeu consiste à prolonger sa durée de vie éditoriale sans le transformer en univers extensible.
La sélection à Cannes et Annecy a renforcé cette trajectoire. La Semaine de la Critique présentait In Waves comme film d’ouverture ; Annecy l’a inscrit dans sa sélection officielle des longs métrages. Ces deux étapes donnent au film une légitimité critique avant sa sortie commerciale. Pour Casterman, elles offrent un contexte solide à la réédition : le livre revient porté par un événement culturel identifié, pas seulement par une campagne de sortie.
La sortie du 1er juillet 2026 crée donc un point d’entrée double. Les spectateurs peuvent revenir vers la bande dessinée pour retrouver la structure originale du récit ; les lecteurs de l’album peuvent mesurer ce que l’animation conserve, simplifie ou transforme. L’intérêt de l’actualité tient à cette circulation : In Waves ne passe pas seulement du papier à l’écran, il revient en librairie avec des preuves matérielles de cette adaptation.
Les éléments disponibles permettent de distinguer clairement les faits établis. La sortie française du film au 1er juillet 2026, la distribution par Diaphana, la réalisation par Phuong Mai Nguyen, le scénario de Fanny Burdino et Samuel Doux, la musique d’Oklou et Rob, les voix principales françaises et les sélections à la Semaine de la Critique et à Annecy sont confirmés par Silex Films et les fiches de festivals. La réédition Casterman est identifiée par son ISBN 9782203302556, ses 392 pages et son positionnement en nouvelle édition augmentée.
Les sources publiques ne permettent pas, à ce stade, de mesurer l’effet réel du film sur les ventes de l’album depuis le 1er juillet. Il serait donc prématuré de parler de relance commerciale chiffrée. Ce que l’on peut constater, en revanche, c’est la coordination éditoriale : une réédition enrichie publiée avant la sortie salle, un film présenté dans deux rendez-vous majeurs de l’animation et du cinéma d’auteur, et une communication qui renvoie explicitement au roman graphique d’AJ Dungo.
Crédit image : visuel officiel de In Waves diffusé par Silex Films sur la page officielle du film.