Auteur :
Pierre-Clément Cazon
Directeur de la publication.
David Vandermeulen a repris Fritz Haber chez Delcourt avec un cinquième tome paru le 28 mai 2026. Dans un entretien publié le 15 juillet, l’auteur confirme que la série reste prévue en six volumes et indique vouloir commencer à travailler sur sa conclusion à la fin de l’été. Après douze années sans nouvel album, le tome 5 ne constitue donc pas un retour isolé.
Le Triomphe des vaincus paraît dans la collection Mirages avec 160 pages, au prix de 21,50 euros en version papier et de 14,99 euros en numérique. Le volume couvre les années qui suivent la Première Guerre mondiale et croise les trajectoires de Fritz Haber, Albert Einstein, Walter Rathenau et Haim Weizmann. La série retrace la vie du prix Nobel de chimie 1918, associé aussi bien au procédé Haber-Bosch qu’au développement des armes chimiques allemandes.
Le tome 5 prolonge directement les quatre volumes précédents. La série a commencé en 2005 avec L’Esprit du temps, avant Les Héros en 2007, Un vautour, c’est déjà presque un aigle en 2010 et Des choses à venir en 2014. Le Triomphe des vaincus poursuit cette chronologie sans reprendre en détail les événements déjà racontés.
Il paraît donc préférable de commencer par le premier tome pour suivre l’évolution de Fritz Haber et des nombreuses figures scientifiques et politiques qui l’entourent. L’extrait officiel proposé par Delcourt permet également d’observer le traitement graphique et la place importante accordée aux textes avant d’entamer la série.
Fritz Haber s’adresse principalement aux lecteurs intéressés par la bande dessinée historique, les biographies scientifiques et l’histoire politique européenne du début du XXe siècle. Le récit fait progresser plusieurs trajectoires en parallèle et ne se limite pas à une biographie chronologique du chimiste allemand.
L’entretien publié par Delcourt revient sur le long intervalle séparant les deux derniers volumes. Pendant cette période, David Vandermeulen a notamment dirigé La petite bédéthèque des savoirs, travaillé sur plusieurs albums avec Hubert Reeves et adapté Sapiens avec Daniel Casanave.
Ces projets ont prolongé son travail autour de la vulgarisation historique et scientifique sous d’autres formes. Avec Fritz Haber, l’auteur revient à un récit documentaire plus long, construit autour d’une figure dont les travaux ont eu des conséquences contradictoires.
Le procédé Haber-Bosch a permis la production industrielle d’ammoniac utilisé notamment dans les engrais azotés. Fritz Haber a aussi participé au développement et à l’emploi des gaz de combat allemands pendant la Première Guerre mondiale. Cette double dimension scientifique et militaire reste au centre de la série.
Pendant douze ans, Fritz Haber est restée une série inachevée dont la date de reprise demeurait incertaine. La publication du cinquième volume et les déclarations de David Vandermeulen rapprochent désormais le récit de sa conclusion annoncée.
Le sixième volume ne possède encore ni titre ni date de parution. L’auteur indique seulement vouloir reprendre son travail à la fin de l’été 2026. Cette annonce confirme la poursuite du projet, sans permettre de prévoir quand le dernier album arrivera en librairie.
Les lecteurs qui possèdent déjà les quatre premiers tomes disposent ainsi d’une suite après une longue interruption. Pour ceux qui découvrent la série, cette reprise permet d’envisager une conclusion, même si son calendrier reste encore indéterminé.
Delcourt indique que Fritz Haber dépasse les 25 000 exemplaires vendus en France. La série continue ainsi d’être publiée plus de vingt ans après la sortie de son premier volume, malgré un rythme de parution particulièrement espacé.
L’éditeur décrit un traitement graphique inspiré des photographies anciennes, avec des lavis sépia et de nombreux encarts textuels. Ces choix participent à l’identité documentaire de la série et à sa reconstitution de l’Europe scientifique et politique du début du XXe siècle.
Sans lecture complète du tome 5, il n’est pas possible d’évaluer l’équilibre du récit, son rythme ou sa place exacte par rapport aux albums précédents. Les informations disponibles permettent néanmoins de situer Le Triomphe des vaincus comme l’avant-dernier volet d’une biographie historique consacrée à un scientifique dont l’héritage reste indissociable de la guerre industrielle.